Les Origines

 
À la fin des années 90 l’industrie des comics est dans une mauvaise phase, les titres qui se vendaient à des millions d’exemplaires 10 ans plus tôt, ne se vendent plus qu’à quelques milliers d’exemplaires. De plus, la qualité des titres ne sont pas terribles, les histoires sont ennuyantes.
Bill Jemas, directeur de Marvel, décide de créer une nouvelle marque comics : le projet Ground zero. L’idée est de créer une nouvelle ligne éditoriale hors de la continuité de l’univers classique (Earth-616) et souhaitait attirer les nouveaux lecteurs touché par la vague de films Marvel : Blade et X-men.
Bill Jemas et Joe Quesada, rédacteur en chef, donnent à Ralph Macchio cette tâche. Cet homme, ancien éditeur de Spider-Man, amène avec lui l’équipe  de Spider-Man : Howard Mackie au scénario et Mark Bagley au dessin. Le renouveau de Spider-Man allait se faire avec l’équipe de la version classique. Mais Mackie se retire du projet, certains  parlent de l’échec de ses projets de ré-interprétation de Spiderman et des X-men. Brian Bendis est à son tour contacté et refusera le poste de scénariste, jusqu’à accepter le poste qui lui permettra de devenir le scénariste reconnu.
 

Part I : Succès rapide

 
La première série lancée est Ultimate Spiderman, scénarisé par Bendis et dessiné par Mark Bagley. La série reprend les origines du personnage et réécrit l’histoire de Spiderman, sans pour autant réinventer le personnage.
Ultimate Spiderman ressemble à un best-of de meilleures histoires et évènements des aventures du Spiderman classique agrémenté de petits changements qui ne vont pas révolutionner l’univers de l’homme araignée. En dehors des histoires de super-héros Bendis prend le temps de nous faire vivre la vie de Peter Parker et c’est l’une des raisons qui rend le comics aussi accrocheur.
Le comics débute ses ventes dans la moyenne de l’époque, le premier numéro se vend à quelques 54 000 exemplaire. La série qui vise un nouveau public ne semble pas atteindre ses objectifs.

Quelques mois plus tard, ce sont les Ultimate X-Men qui débarquèrent. Jemas et Quesada souhaitaient que Bendis soit à la tête du titre, mais celui-ci déclina la proposition. Ils se tournent vers Mark Millar, scénariste de The Authority, une série qui chamboule les codes des super héros. À ses coté on retrouve Adam Kubert pour les dessins.
L’arrivée de Ultimate X-men marque le début du succès pour l’univers ultimate. La série s’éloigne  de l’univers classique en proposant dès les premiers numéros des histoires hautes en couleurs. Millar fait de la série un énorme blockbuster américain au budget illimité. Après le départ de Millar la série continuera à proposer des histoires de qualité grâce aux scénaristes reconnus que sont Bendis ( Ultimate Spider-Man, Daredevil et The Avengers), Brian K. Vaughan (Y the last man, The Runaway et la série Lost) et Robert Kirkman (The Walking dead et Invincible).
Mais les tous derniers épisodes de la série ruinèrent la fin avec un semblant d’histoire à devait s’accorder à la vision de Loeb pour évènements à venir.

À partir de la publication de Ultimate X-men, ces séries deviennent des succès avec 100 000 ventes à chaque numéro. Bendis en profita pour étendre l’univers avec Ultimate Team-Up, des aventures réunissant Spiderman et d’autres héros de l’univers. La plupart des histoires présentes dans cette série seront par la suite considérée comme non canonique, à l’exception de la seconde histoire, présentant le personnage de Hulk qui servira d’introduction à la série emblématique de l’univers Ultimate.

Cette série limitée en 13 épisodes se nomme The Ultimates, nouvelle version des Vengeurs, elle propulsa l’univers sur le devant de la scène. Millar s’associa au dessinateur Brian Hitch pour réinventer les personnages de Captain America, Thor,  Nick Fury et consorts. La série à l’aspect politique révolutionne le genre avec une équipe de super-héros à la solde du gouvernement américain et de Nick Fury, directeur d’un S.H.I.E.L.D. omniscient. Présentant des héros très actuels avec des conflits modernes, la série réinvente le mythe des super héros avec l’autorisation de Marvel pour faire ce qu’ils souhaitent des personnages.
Suite à ce succès l’équipe renouvèle l’expérience avec The Ultimates 2 qui permet de poursuivre l’aventure sur 13 nouveaux épisodes.
Malheureusement le succès de la série conduit la direction de Marvel à préserver les personnages. La série subit les mêmes pressions que l’univers classique et Millar ne peut plus faire ce qu’il veut de sa série, c’est ainsi que Nick fury qui devait mourir à la fin de Ultimates 2 survivra.
Au départ la série était planifiée comme une maxi-série. Dans les premières interviews concernant Ultimates Millar évoquait déjà de Loki pour ce qui aurait dû être le quatrième arc.
De même, il était prévu que la série continue au-delà de The Ultimate 2 avec sa suite Ultimate Avengers, titre qui arrivera ensuite avec le même scénariste, mais dans un contexte différent.

En 2004, Millar, Bendis et Kubert lancent Ultimate Fantastic Four. Millar s’occupe de l’histoire et Bendis des dialogues.  Cette version ne sera jamais considérée de la même manière que les 3 autres séries, malgré de très beaux arcs d’Ellis et Millar. La série tombera par la suite dans les limbes des comics anonymes avec les arcs de Carey qui nous montrera des histoires insipides et sans intérêt.
L’influence de Millar se retrouve dans le titre, les origines du groupe sont alors différentes de l’univers classique. Mais tout comme l’équipe classique les 4 fantastiques utiliseront des machines extraordinaires et iront explorer l’univers.
La série sera à l’origine d’une autre série qui sera déclencheur de toute une gamme de produits : les Marvel zombies. Le phénomène est tellement grand que la fin de l’histoire de Millar ne sera même pas incluse dans cet nouvel univers.

A côté de ces séries phares de Ultimate, on retrouve plusieurs mini-séries ayant contribué à l’univers. Parmi ces séries figure Ultimate Iron-Man 1 & 2 du romancier Orson Scott Card permettant de découvrir la jeunesse de Tony Stark .
Ultimate Wolverine Vs. Hulk, raconte ce qui arrive à Hulk pendant les évènements de Ultimates 2. La série est écrite par Damon Lindelof, Showrunner de Lost, ce dernier étant submergé par Lost, la série mettra près de 4 ans pour voir la fin. Proche de l’esprit de Ultimate X-men, la série est un énorme combat entre Hulk et Wolverine, en mélangeant les différentes scènes.
La dernière grosse mini-série de la première phase de Ultimate est Ultimate Origin, série dévoilant les origines de l’univers. À l’origine, Bendis avait déclaré mettre en place une histoire de complot qui se dévoilerait au travers des différentes histoires de l’univers sur une période de deux ou trois ans. Mais Millar ayant prit le contrôle de l’univers et ne souhaitant pas exploité l’histoire de Bendis celle-ci sera mise de côté jusqu’a l’annonce d’ultimatum et la fin de la première ère ultimate.Bendis en profita pour exposer son histoire expliquant l’origine des mutants ainsi que des supers soldats. L’histoire montre alors que tout est relié (tel que le disait Hulk dans le premier team up), les origines de certains personnages sont sympathiques à découvrir tandis que d’autres sont un réchauffé de l’univers classique.
 

Le début de la fin

 
Malheureusement, après plusieurs années d’histoires et de mini-séries, la continuité se fit sentir, de plus l’univers classique s’est rapproché de Ultimate avec des histoires plus sombres et plus actuelles. Joe Quesada, fait venir Jeph Loeb sur l’univers comme nouvel architecte afin de résoudre ce souci. Ultimatum fut alors présenté comme le cross-over devant résoudre ce problème.
Pour préparer cette histoire, Loeb lança plusieurs titres sous la bannière « March to Ultimatum ». Le premier fut Ultimate Power, le cross-over avec l’univers Suprême Power, écrit avec J. Michael Straczynski et Bendis et dessiné par Greg Land. L’histoire de ces 9 numéros se résumera à une grosse baston concluant sur le transfert de Nick Fury dans l’univers des Suprême Power tandis que Zarda, de l’équipe des Suprême Power surveillera l’univers Ultimate pour empêcher qu’un nouvel accident se produise. Cette histoire montre le côté obscur de Nick Fury et intentions vis-à-vis de la protection de sa planète. Dans les faits, cette histoire à seulement conduit à l’arrêt des histoires de qualité dans l’univers des Suprême Power (Earth-31916), le scénariste Straczynski et le dessinateur Gary Frank ayant migré chez DC en attendant la fin du cross-over, laissant la série en suspens en plein arc.

La seconde histoire lancée fut The Ultimates 3 avec Joe Madureira, l’héritage fourni par The Ultimates 1 & 2 étant très forte, l’histoire de The Ultimates 3 sera considéré par beaucoup comme l’une des plus mauvaises histoires de Marvel.
Loeb nous présenta une équipe de super héros qui matent des films porno avec des inconnus tels que Black Panther, arrivé de nulle part et dont tout le monde s’en fout. Au fur et à mesure que les numéros avancent l’histoire continue d’être aussi nulle, le numéro 4 sera même dans la sélection des plus mauvais comics Marvel. Loeb continuera sa modification de l’univers avec quelques meurtres de héros. Le point positif d’Ultimates 3 est le retour de Joe Maduera dans l’univers des comics, parti quelques années plus tôt en laissant en suspend Battle Chaser au numéro 9.

Suite à ces deux histoires Ultimatum fut lancé avec David Finch aux dessins.
Au début la série devait avoir lieu dans Ultimate X-men et Ultimate Fantastic Four, la série devint une mini-série pour avoir une meilleure exposition. Des Tie-in, d’une qualité plus que moyenne, furent publiés dans les série spider-man, X-men et Fantastic Four pour exploiter à mort le cross-over.
L’histoire sera alors considéré comme très mauvaise et sera le tombeau d’un grand nombre de personnages emblématiques de l’univers.

 

Part II : Un gout fade

 
Le renouveau de l’univers se fait sous la nouvelle identité: Ultimate Comics. Seul Spiderman continue ses aventures après avoir été laissé pour mort dans Ultimatum. De son côté Millar, entre-temps devenu super star mondial du comics, revient avec le très moyen : Ultimate Avengers. Annoncé comme quatre mini-séries avec de grands dessinateurs, la série accueille Carlos Pacheco, Leinil Francis Yu et Steve Dillon. Le quatrième arc s’étant transformé en Cross-Over avec Leinil Francis Yu aux dessins.
La série nous présente les black ops du triskelion avec Hawkeye (qui est absolument partout), un nouveau hulk, une nouvelle veuve noire, et d’autres nouveaux qui remplacent des anciens héros précédemment tués, le tout dirigé par le méchant Nick Fury. L’équipe s’occupe de faire le sale boulot que les Ultimates ne doivent pas faire. Pour cette histoire Millar joue les bad-ass et nous donne des grosses bastons sans la touche de magie des Ultimates.

De son côté Jeph Loeb poursuit les histoires des Ultimates, avec Ultimate Comics : New Ultimates dessinée par Frank Cho et Ultimate Comics : X dessiné par Arthur Adams.
Ultimate Comics : New Ultimates, se veut dans l’esprit des grosses bastons instauré depuis Ultimates 1, tous en y introduisant deux personnages inutiles : Shanna et Ka-zar, déjà présent dans l’univers, mais en arrière-plan (là où ils auraient dû rester). En plus de ces deux personnages on y voit le retour de Thor et le départ de Zarda (enfin !). Bref, on retourne au même point que la fin de Ultimates 2.
Ultimate Comics : X présente de nouveaux mutants, détesté depuis les évènements d’Ultimatum, et dévoile leurs vies. L’histoire s’arrête là puisque la série à subit des retards de la part d’Adams, dessinateur hors pair, mais très lent. Malgré ces retards, la série est très sympathique à lire et est surement la meilleure série de Loeb dans l’univers Ultimate.

A côté de ces séries Bendis proposa une trilogie s’éloignant de l’univers classique avec un nouvel ennemi, montrant (enfin) la volonté de Bendis de s’éloigné de l’univers classique.

Durant cette deuxième époque de la ligne Ultimate, les titres de Loeb prennent beaucoup de retard (Un arc pour chaque série) et Ultimate Comics : Avengers est un four (Les grandes stars annoncées ne sont jamais arrivées sur le titre). Seulement un an après le renouveau de la gamme, l’équipe créative décide de créer un nouveau cross-over pour  réorganiser l’univers. Cet évènement « La mort de Spiderman », déjà annoncé deux ans plus tôt lors d’Ultimatum, a pour but de remettre encore une fois l’univers Ultimate sur l’avant de la scène.

Ultimate Fallout, mini-série en 6 numéros publiés en deux mois et avec la participation de nombreux artistes tels que Hitch, Kubert et Bagley, servira de conclusion à la seconde époque Ultimate. Et permettra d’ouvrir sur le troisième acte de l’univers Ultimate.

 

Part III : Retour aux origines ?

 
Suite à ces bouleversements, de nouveaux architectes sont désignés : Jonathan Hickman et Nick Spencer. Leurs rôles seront semblables à ceux de Bendis et Millar aux débuts de l’univers Ultimates.
Hickman s’occupera de Ultimate Comics The Ultimates, il souhaite se rapprocher des histoires de Ultimates 1 & 2, tout en gardant un rythme mensuel. Une mini-série dédiée Ultimate Comics Hawkeye est aussi prévu.

De son côté, Spencer s’occupe de Ultimate Comics X-men, dans un run qui devrait poursuivre ce que Loeb a commencé avec Ultimate X. Les premières informations laissent à penser au retour d’iceberg, de Kitty et de Jimmy.

Bendis, toujours présent s’occupera de la V3 de Ultimate Comics Spiderman qui devrait (cette fois-ci) proposer un nouveau personnage sous le costume et qui repart encore une fois au numéro 1, mais le numéro 200 étant proche, rien n’est certain.

Le troisième acte de l’univers a pour but de remettre en avant ces héros qui ont fait la gloire de Marvel au début des années 2000. Actuellement les ventes des séries tournent autour des 40 000 ce qui est peu vis-à-vis de la réputation des artistes. Les nouvelles séries auront donc pour but d’augmenter les ventes sans quoi l’univers risque de sombrer et un quatrième acte ne serait même pas à envisager.